Mis à jour le 6 mai 2026

Isoptena serricornis, le nouveau venu de nos rivières

Depuis quelques années, un nouvel habitant a fait une bien timide apparition dans certains cours d’eau vosgiens. La découverte récente d’Isoptena serricornis a surpris bien des naturalistes, et renseigne sur la qualité des cours d’eau dans lesquels il prospère discrètement.

Depuis quelques années, un nouvel habitant a fait une bien timide apparition dans certains cours d’eau vosgiens. Un insecte dont la larve, munie de branchies, passe son temps enfouie dans le sable, milieu qu’elle trouve dans la quiétude des ruisseaux à faible courant. Isoptena serricornis est un petit insecte de quelques centimètres appartenant à l’ordre des Plécoptères. Assez commun au nord et à l’est de l’Europe, il serait passé sous les radars en France, où sa première observation date de 2007, dans un affluent de la Moder.

Isoptena serricornis

Alors qu’au stade larvaire il a longtemps été catégorisé comme prédateur à l’instar de ses cousins proches, en examinant le système digestif de nombreux individus, les chercheurs ont trouvé plus de grains de sable que de restes d’insectes. Mangerait-il du sable ? En réalité, en ingérant le sable autour de lui, il parvient à récupérer la fine pellicule d’algues, de détritus et de bactéries qui enrobent les grains pour en faire son repas. Ce mode  d’alimentation détritivore occupe une place importante dans la chaîne alimentaire. 

Par ailleurs, Isoptena appartient à une famille de Plécoptères particulièrement sensible à la pollution, et c’est en partie ce qui a étonné les scientifiques qui l’ont découvert pour la première fois en France. La Moder affichait une dégradation de la qualité de son eau depuis plusieurs années, menaçant la survie d’une telle espèce selon les biologistes. L’hypothèse avancée est que l’ensablement des cours d’eau, qui peut être néfaste à d’autres espèces, a rendu sa présence possible, et ce en dépit de la pollution. Des individus ont depuis été observés dans le Rothenbach et le Falkensteinerbach en 2019, et les récentes campagnes de restauration prennent en compte la présence de cette espèce sensible qui, par sa présence, témoigne de milieux encore relativement préservés.

Espèces indicatrices de nos cours d'eau

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