Posté le 12 décembre 2018

Un programme expérimental pour sauver l’écrevisse des torrents

L’écrevisse des torrents est une espèce emblématique des Vosges du Nord, malheureusement ce crustacé est aujourd’hui menacé de disparition. Le parc et ses partenaires se sont mobilisés en janvier 2017 et ont imaginé une opération expérimentale d’élevage et de réintroduction de cette écrevisse dans des ruisseaux encore préservés. Les premiers résultats sont encourageants, plus d’une centaine de juvéniles issues d’élevage ont été relâchés au cours des derniers mois dans un ruisseau d’Alsace bossue et des géniteurs ont été transplantés dans un autre site en Moselle.

© S. Dumont, 2017

L’heure est grave pour l’écrevisses des torrents, en 2016 il ne restait que trois stations françaises connues de cette espèce. Le parc naturel régional des Vosges du Nord porte une responsabilité particulière en matière de conservation de cette espèce car deux ruisseaux concernés sur trois coulent sur son territoire. Comment en est-on arrivé là ? En plus de devoir faire face à la dégradation de milieux aquatiques, l’écrevisse des torrents subit la concurrence de l’écrevisse du Pacifique introduite récemment dans les eaux françaises et qui est de surcroît porteuse saine d’un champignon qui décime nos écrevisses natives. Dans l’urgence, le parc et ses partenaires techniques et financiers – l’Agence française pour la biodiversité, la DREAL Grand-Est et l’Agence de l’eau Rhin-Meuse- ont décidé de mettre sur pied, au cours de l’année 2017, une opération ambitieuse de réintroduction.

Pour mener à bien ce projet, le parc s’est entouré des compétences de l’aquarium de Besançon et de ses spécialistes. Ceux-ci ont mis au point des gîtes artificiels spéciaux qui permettent de capturer efficacement les individus adultes dans les sites bas-rhinois où l’écrevisse des torrents est encore présente. Les femelles et les mâles adultes ainsi prélevées (entre 70 et 80 individus par an) sont pour partie acheminés à l’aquarium de Besançon pour permettre de produire des jeunes écrevisses sous haute surveillance et pour partie transplantés dans des ruisseaux scrupuleusement sélectionnés afin de former de nouvelles populations. En 2018, 16 femelles grainées (porteuses d’œufs) et 15 mâles ont ainsi été relâchés dans un nouvel habitat. Ces opérations seront poursuivies en 2019.

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